lundi 22 juillet 2013

Faux Souvenirs Induits : Méthodes de manipulation


Sushi Douglas, journaliste d’investigation, en direct du colloque international pour le développement et la pérennité des dérives thérapeutiques.



En exclusivité, voici le compte rendu de la deuxième conférence sur cette nouvelle tendance que sont les faux souvenirs induits, proposé cette fois-ci par Aube Héï, Psychologue Clinicienne Autoproclamée Spécialisée en Thérapie de la Mémoire Retrouvée (TMR), qui possède à son pedigree huit condamnations pour manipulation, escroquerie et usurpation de titre.

En guise d’introduction, la conférence débute sur une courte vidéo. On nous y dévoile trois personnes qui seront présentes, nous dit-on, dans chacune des vidéos que nous verrons.

  • ·         Marianne, la Mère.
  • ·         Fanny, la Fille.
  • ·         Thérèse, la Thérapeute.

-Marianne : Allons Fanny, soit raisonnable ! Si tu ne te souviens de rien, ce n’est pas parce que tu l’as oublié, mais simplement parce qu’il ne s’est jamais rien passé, ton père ne t’a rien fait…
-Fanny : Qu’en sais-tu ? Et puis, qu’est-ce qui me dit que tu n’étais pas au courant ? Que tu ne le couvres pas ?
-Thérèse : Madame, Fanny à raison d’avoir des doutes! Vous devez assumer vos responsabilités... 


Vous prétendez qu’il ne s’est rien passé… Alors, prouvez-le !




« Intéressant, n’est-ce pas ? (Applaudissements)
Enchantée ! Aube Heï… Psychologue Clinicienne Spécialisée en TMR. Après avoir appris en quoi consistaient les faux souvenirs induits, vous devez savoir comment vous y prendre pour les glisser dans la tête de vos patients… Innocemment, bien sûr ! (Rires)


Les méthodes de manipulation


Tout d’abord, la plus évidente de toutes consiste en ce que l’on appelle les questions pièges ou fausses questions. Pour parvenir à poser des questions pertinentes, vous devez tirer les vers du nez à votre patient, de façon à pouvoir lui soumettre un souvenir cohérent par rapport à son vécu. C’est durant cette phase que vous déciderez qui devra être le coupable : le père, l’oncle, le grand-père, le frère, le cousin… plus rarement la mère etc.

Poser des questions pièges consiste à apprendre à passer d’une question objective à une question orientée. Voici les différents degrés : 

  1. « Quels souvenirs de votre enfance avez-vous ? »
  2. « Y a-t-il eu des événements traumatisants dans votre enfance ? »
  3. « Êtes-vous sûre qu’il n’y a jamais eu d’événements traumatisants dans votre enfance ? Ou est-ce seulement que vous ne vous en souvenez pas ? »
  4. « Etes-vous certaine que votre père ne vous a jamais violée ? Ou est-ce que vous ne voulez pas vous en souvenir ? ». (Sifflements admiratifs)


La réponse importe peu au début. Tout ce qui compte, c’est de poser la question et de l’agrémenter d’une argumentation irréfutable, comme celle que Sue Vientois vous a présenté lors de la première conférence. Souvenez-vous que le traumatisme, à la base inexistant, devra être présenté comme ayant été refoulé par l’inconscient et donc totalement oublié. Ce sont les techniques de communication avec cet inconscient que nous vous détaillons ici.

Il existe de très nombreuses méthodes permettant cette manipulation – questions pièges, EMDR, Reiki, thérapie par l’art, psychogénéalogie, sophrologie, psychanalyse corporelle, chamanisme, cri primal, rebirth, parcours GEDE ou méthode Grinberg etc – certaines plus connues que d’autres.

La canalisation, par exemple, vous permet, assis à côté de votre patient, de communiquer avec son inconscient en posant votre main sur son épaule. Un carnet devant vous, il vous suffit ensuite d’inventer une histoire au départ un peu floue, puis de plus en plus explicite sur le traumatisme que vous aurez inventé. Comment est-ce qu’une personne pourrait croire un truc pareil, vous dites-vous ? C’est vous le spécialiste ! Selon quelle autorité, quelle compétence en la matière, votre patient oserait-il remettre en cause des années d’études et d’expérience? Imposez-vous ! Si vous êtes convaincu, il le sera aussi. Cette vidéo achèvera de vous convaincre.

De plus, la Thérapie du tunnel ou Catharsis Glaudienne est également un très bon moyen de communiquer avec l’inconscient et de suggérer, durant les séances de relaxation profonde, des images de viols ou d’autres traumatismes, qui, au moyen de la répétition conjuguée à la crédibilité ainsi qu’à la confiance que votre patient vous accordera, passera peu à peu pour un souvenir occulté, mais bien réel. 

Vous pourrez découvrir ici un témoignage qui vous prouvera avec quelle facilité on peut induire de faux souvenirs via la thérapie du tunnel, et surtout, à quel point la manipulation peut durer longtemps après la thérapie. En l’espace de quelques mois, cette jeune femme s’est coupée de toute sa famille et de tous ses amis… En somme, de toutes les personnes qui lui tentaient de la convaincre qu’elle faisait fausse route en écoutant son thérapeute. Mais d’où a bien pu leur venir une telle idée ? (Rires)

Pour les plus doués d’entre vous, n’hésitez pas à vous servir également de l’hypnose… Pour cela, c’est très simple, vous prétendez hypnotiser votre patient – si vous y parvenez, tant mieux, mais ce n’est pas une obligation – et lorsqu’il se réveille, ou plutôt lorsque vous lui annoncez que la séance est terminée, ajoutez sur un ton très grave que la séance a été prolifique en informations : il vous a avoué dans une semi-conscience avoir été victime d’un viol ou d’un traumatisme dans son enfance. Pourquoi ne s’en souvient-il pas ? Tout simplement parce que l’inconscient est très complexe et fragile, et que s’il a choisi de ne pas s’en souvenir immédiatement, c’est que cela doit se faire en douceur. La mémoire va revenir petit à petit… Vous n’avez pas voulu brusquer l’inconscient de votre patient en lui imposant de se souvenir d’un traumatisme qu’il avait occulté depuis tant d’années. Et même si vous aviez souhaité le faire, cela n’aurait probablement pas fonctionné. On ne joue pas avec l’inconscient d’un patient, n’est-ce pas ?! (Applaudissements)

Vous pouvez également mélanger les techniques, et agrémenter les plus courantes et efficaces avec d’autres moins connues, telles que le rêve éveillé. Il vous suffit de demander à votre patient de se détendre et de laisser venir à son esprit des images, quelle qu’elles soient. Ajoutez à cela ce que l’on appelle l’imagerie guidée. A l’écoute des images de votre patient, vous jouerez le rôle du facilitateur, en somme, du traducteur, car une image a toujours un sens caché. À vous d’en donner une interprétation imaginative et traumatisante. Pour une meilleure réussite, utilisez cette technique lorsque l’idée du traumatisme commence à s’insinuer dans son esprit et n’hésitez à lui poser des questions pièges comme « Quelle image voyez-vous ? Se passe-t-il quelque chose qui vous fait peur ? Y-a-t-il quelqu’un avec vous ? » etc. Faites preuve d’imagination ! (Hourra d’approbation)

Dans le même genre, vous pouvez utiliser ce que l’on nomme « la première règle fondamentale de la cure psychanalytique » – cela fait sérieux, n’est-ce pas ? – à savoir l’association libre. Demandez à votre patient de dire tout ce qui lui passe par la tête librement ou, ce qui serait plus à votre avantage, à partir d’un mot donné – et subtilement choisi par vos soins –… Avec un peu d’imagination, d’interprétation, de suggestion et si votre patient lui-même est un rien névrosé, vous trouverez là aisément matière à inventer un faux souvenir. 

Soyez imaginatifs, demandez à votre patient de vous raconter ses rêves d’enfants ou de vous apporter ses dessins d’enfants, et faites-en l’interprétation qui vous plait. La seule règle est d’imposer cette interprétation comme indéniable, connue de tous les spécialistes et donc irréfutable.

Pas encore comblés ? Je vous présente également l’Intégration du cycle de la vie, ICV ou Lifespan Integration. Installez confortablement votre patient et demandez-lui de vous fournir un souvenir pour chaque année de sa vie. Étudiez ensuite ses choix, interprétez-les de façon traumatique et approfondissez la question. Votre patient a choisi le souvenir d’un voyage en forêt pour ses 5 ans ? Étrange  très étrange même… La forêt, c’est sombre, lugubre. Est-ce vraiment de cette forêt dont votre patient veut se souvenir, ou d’autre chose ? (Sifflements)

Ces différentes techniques s’adaptent à tous. En revanche, certaines se sont spécialisées dans le traitement des traumatismes chez les enfants autistes. On appelle cela la communication facilité. Il vous suffit de montrer une image à un enfant autiste et ensuite, en tant que son facilitateur, de guider son doigt vers telle ou telle lettre du clavier de l’ordinateur afin de lui faire dire les mots « viols », « violences », « peur maman » etc… Méfiez-vous cependant, car lors des procès contre les parents prétendus maltraitants, des petits malins ont décidé de vérifier la véracité des interprétations du facilitateur en double aveugle, et jamais, malheureusement, l’autiste et le thérapeute ne fournirent le même mot pour la même image, une fois isolés l’un de l’autre.
Mais si vous vous sentez une âme de voyant, lancez-vous ! On ne résiste jamais à l’envie de briser aussi facilement et rapidement une famille.

Je vois une once d’inquiétude dans vos regards… Vous vous dites, un enfant autiste, sans défense, c’est risqué si cela va devant les tribunaux. Rassurez-vous !!! On a adapté cette méthode au reste de la population. On l’appelle aussi la CPA, Communication Profonde Accompagnée ! Et voilà ! Vous pouvez prétendre savoir ce qui vient à l’inconscient de votre patient lorsqu’une image se présente à lui, en guidant sa main sur un clavier, sans le moindre risque ! (Applaudissements)


Les phases de la manipulation


Ensuite, n’oubliez pas qu’induire de faux souvenirs demande du temps et de la patience. Plus votre patient sera crédule, plus cela sera rapide. Néanmoins, voici 5 petites vidéos qui vous détailleront les 5 phases auxquelles vous devrez faire face durant la thérapie.


Phase 1 : L’insinuation


-Thérèse : Une thérapie est un travail long de patience et de vérité. Il va nous falloir détecter les souffrances enkystées pour atteindre la guérison.
-Fanny : Mais tout va très bien dans ma vie. Je suis juste un peu déprimée ces temps-ci…
-Thérèse : Tout mal-être à un moment donné est l’expression d’une explosion interne, d’une saturation de l’inconscient et du refoulement. Tout ce que vous n’avez pas pu affronter jusque-là, tout ce dont votre inconscient vous a préservé est en train de ressortir physiquement et mentalement… Vous devez l’affronter pour aller mieux.
-Fanny : Mais je vous l’ai dit. J’ai eu une vie très heureuse… Mon inconscient n’a rien refoulé.
-Thérèse : Nous verrons cela en tant voulu… Et si vous laissiez pour aujourd’hui, votre inconscient parler un peu.
-Fanny : D’accord…

À ce dialogue, fait suite une séance de canalisation qui fait apparaître les mots « C’est lui… J’ai peur. Dormir. Il fait noir et je suis trop petite pour me défendre. Je ne peux pas crier. Qu’est-ce qui s’est passé ? Je ne comprends pas. »

Ces mots laissent Fanny dubitative. Elle ne comprend pas. Thérèse lui explique que l’interprétation est évidente : un viol infantile.

-Thérèse : Essayons autre chose, voulez-vous ? Quelles images vous viennent naturellement à l’esprit ?
-Fanny : Heu…
-Thérèse : Laissez venir les images, que ce soit votre famille, votre vie, votre passé, votre enfance, peu importe… Elles vont venir toutes seules.
-Fanny : Je vois… Ma mère. Sans doute est-elle la personne qui est la plus importante dans ma vie.
-Thérèse : Hmmm… Pourquoi pensez-vous cela ?
-Fanny : Parce que je peux tout lui dire, elle est comme une amie pour moi. Elle prend toujours soin de moi, même si je ne vis plus chez elle depuis longtemps.
-Thérèse : Et trouvez-vous cela normal ?
-Fanny : Oui… Je crois.
-Thérèse : Donc votre mère est très présente dans votre vie. Cela ne dérange pas votre mari ?
-Fanny : Non. Au contraire, il dit qu’il est heureux pour moi.
-Thérèse : Evidemment, il est normal qu’il vous dise cela. Nous reparlerons plus tard des conséquences d’un tel lien. Et votre père, comment vit-il cette fusion mère-fille ?
-Fanny : Je crois qu’il s’en moque.
-Thérèse : Hmmm. Et cela vous paraît normal qu’il ne vous montre pas le même intérêt que votre mère ?
-Fanny : Je ne sais pas. C’est un homme… Il ne montre pas ses sentiments.
-Thérèse : Je sens le doute dans votre voix. Votre mari ne vous a jamais montré ses sentiments ?
-Fanny : Si…
-Thérèse : Vous voyez ! Les hommes montrent tout autant leurs sentiments que les femmes. Alors, selon vous, pourquoi votre père garde-t-il ses distances ? Et pourquoi votre mère est-elle au contraire si proche de vous ?
-Fanny : Je ne sais pas…
-Thérèse : Fanny, ce sont vos mots que je reprends. Vos propres mots… Je crois que vous savez pourquoi… Au fond de vous, vous vous en doutez. N’oubliez pas que pour avancer, il faut vous libérer du passé.
-Fanny : Non, je ne vois pas. C’est tout à fait normal…
-Thérèse : Non, ce n’est pas un comportement normal. Tous les psy vous le diront. Cela fait 20 ans que je suis dans le métier, et croyez-moi, j’en ai vu des familles… Je sais comment cela fonctionne quand tout va bien. Et là, tout ne va pas bien.
-Fanny : Mais si je vous assure !
-Thérèse : Fanny… Cela m’inquiète beaucoup ce que tu me racontes. Tu… On peut se tutoyer ?
-Fanny : Heu… Oui.
-Thérèse : Tu es pâle… Tu te sens bien ? Tu veux une tisane pour te détendre un peu ? Tu me sembles vraiment très angoissée. Les souvenirs remontent sans doute… On peut attendre la séance suivante si tu préfères.
-Fanny : Non ! Non ! Tout va bien ! Je vous assure !
-Thérèse : Tu… Dis-moi « tu » et appelle-moi Thérèse, veux-tu ? Je vais te chercher un verre d’eau. Prends donc un chocolat ! On me les a offerts ce matin ! Un patient reconnaissant…


Phase 2 : La dénégation


7 séances plus tard…

-Fanny : Mais je t’assure que je ne me souviens de rien ! Il ne s’est rien passé…
-Thérèse : Ce n’est pas parce que tu ne t’en souviens pas, qu’il ne s’est rien passé. Ton inconscient a parlé, il parle encore aujourd’hui. Pour avancer, il te faut admettre ce qui s’est passé.
-Fanny : C’est inutile, il ne s’est rien passé. Il n’a rien pu se passer… Mon père est quelqu’un de bien.
-Thérèse : Quelqu’un en qui tu avais une confiance absolue. Nul ne pourrait admettre une chose aussi horrible. Mais il faut avancer…
-Fanny : Mais…
-Thérèse : Fanny, rien ne t’oblige à vouloir aller mieux, à découvrir la vérité. Si tu veux partir, va. La porte est grande ouverte. Mais saches que jamais tu ne guériras. Tous ceux qui ont admis sont libérés, guéris aujourd’hui, épanouis comme jamais ils n’auraient pu l’être.
-Fanny : Alors tu crois vraiment que mon père a pu me faire ça ?
-Thérèse : Je connais mon métier… Et il n’y a aucun doute. Tu adoptes toujours une posture refermée, tu protèges ton corps meurtri tant d’années après. Ils le font tous… Fais-moi confiance. Tu ne peux pas rester sans rien faire face à ce qui s’est passé. Tu dois te battre pour admettre, et pour faire admettre… Il n’avait pas le droit de te faire ça…


Phase 3 : L’accusation


20ème séance

-Fanny : J’ai dit à ma mère ce qui s’est passé. Ce dont je me souviens aujourd’hui, grâce à nos séances… Et elle m’a d’abord accusée de vouloir détruire la famille. Elle m’a dit que c’était impossible, m’a traitée de menteuse… Ça m’a fait tellement mal. Ma propre mère refuse de me croire.
-Thérèse : C’est courant malheureusement. D’habitude, c’est le cas lorsque l’enfant que l’on a eu n’était pas désiré. Cela ne veut pas dire que c’est le cas ici mais… Il est normal que ta mère refuse de croire que l’homme qui a partagé sa vie a pu être capable de ça.
-Fanny : Je… crois que je comprends. Mais quand même. Elle a tenté d’en parler à mon père, et d’après elle, il prétend qu’il ne s’est rien passé.
-Thérèse : Plutôt normal de nier, tu ne crois pas ? Je ne m’attendais pas à une autre réaction.
-Fanny : Il pourrait au moins admettre ! C’est mon père quand même ! Pour l’instant, je ne veux plus jamais le revoir, pas tant qu’il ne se sera pas excusé, expliqué… Pas tant que je n’aurai pas trouvé la force de lui casser la g…
-Thérèse : Laisse exprimer ta rage ! C’est bien ! C’est une bonne chose ! On avance ! La guérison est proche !
-Fanny : Je sais que tu as raison. J’ai tellement de haine contre ce monstre. Contre ce qu’il m’a fait. Et lorsque j’ai dit à ma mère que je ne voulais plus entendre parler de lui, elle a fini par oser me dire que je devrais me méfier de toi. De toi ! Tu te rends compte ? Une professionnelle !
-Thérèse : Tu sais Fanny… Je n’ai pas osé t’en parler jusque-là, mais la plupart des mères qui réagissent comme la tienne, en accusant les autres, cachent elles-mêmes un lourd secret. Elles sont souvent au courant depuis longtemps de ce qui s’est passé, et ont préféré ne rien faire. Ne rien voir.


Phase 4 : La confrontation


30ème séance

-Fanny : Avoue ! Avoue Marianne que tu savais ce qu’il me faisait.
-Marianne : Je suis ta mère enfin ! Jamais je n’aurais laissé qui que ce soit te faire du mal…
-Thérèse : Allons Marianne, laissez s’exprimer votre fille.
-Fanny : Oui ! Laisse-moi parler monstre ! Il m’a trahi et toi aussi…
-Marianne : Mais enfin…
-Thérèse : S’il vous plait, laissez finir votre fille. Aujourd’hui, elle a le droit de parler.
-Fanny : Tu voulais me faire taire à nouveau ! C’est raté.
-Thérèse : Du calme Fanny. Marianne, vous dites qu’il ne s’est rien passé. Mais pouvez-vous le prouver ? Fanny, dis à ta mère tout ce que tu souhaites qu’elle entende…
La confrontation aboutira sur la proposition d’une séparation temporaire entre les deux parties acceptée par tous.


Phase 5 : La séparation


Fin de la thérapie

-Fanny : Je ne sais plus quoi faire. Je n’ai plus personne, plus de famille, ni d’amis… Je suis perdue.
-Thérèse : Voyons Fanny ! Ma chérie, il est normal que tu souffres. Mais tu es libre au contraire ! Libérée de ce secret si douloureux qui t’empoisonnait la vie…
-Fanny : Ca fait tellement mal…
-Thérèse : Je le sais. C’est pour ça que nous nous voyons toujours gratuitement… Je n’oserais pas te faire payer une séance après un tel traumatisme.
-Fanny : Mais que vais-je faire ? Où vais-je aller ? Même mon mari ne veut plus me voir, lui qui a osé soutenir mon père, ce violeur d’enfants. Tu crois que je devrais porter plainte ?
-Thérèse : C’est à toi de voir si tu t’en sens la force. En attendant, si tu veux prendre du temps pour toi, pour te reposer, je peux te louer une chambre chez moi. Je t’inviterais volontiers, mais je ne suis que thérapeute, je n’ai pas des finances très importantes. Je donne beaucoup de mon temps gratuitement… Comme pour toi, tu comprends ? Mais on est amies aujourd’hui, je sais que tu comprends ma belle…
-Fanny : Après tout ce que tu as fait pour moi, payer le loyer d’une chambre est bien le minimum que je puisse faire. Si je peux faire davantage, n’hésite pas… Tu sais, je n’ai plus que toi aujourd’hui…


Voilà qui conclut cette conférence. J’espère que cette vidéo vous a plu et vous a permis de mieux appréhender les différentes phases qui devront constituer l’induction de faux souvenirs et leurs conséquences financières pour vous. (Applaudissements)

Mais il ne faut pas s’arrêter à de si bons résultats, car dans le camp opposé, des sceptiques, des parents mécontents, des patients en doute ou découvrant la vérité, risquent de s’en prendre à vous. C’est pourquoi dans une dernière conférence, nous vous ferons découvrir tous les arguments contre l’opposition. Merci à tous et bonne continuation ! (Vifs applaudissements».




A lire aussi :


1 commentaire:

  1. Quel excellent article ! Le processus est très bien décrit et on en mesure bien les tristes conséquences.
    Pourvu qu'un maximum de gens engagés dans des thérapies douteuses le lisent !

    RépondreSupprimer